< return

Deuxième Colloque International du réseau TyA

Samedi 31 mars 2018, Centre de Cultura Contemporània de Barcelona – CCCB -, rue Montalegre 5, 08001, Barcelone 9h à 16h30.

Responsables du Colloque : Irene Domínguez et José Manuel Álvarez.

Responsable du Réseau International TyA : Fabián Naparstek.

 

“Branchements et débranchements dans les toxicomanies et les addictions”

Dès le début, l’élaboration du réseau TyA a pris comme point de départ l’indication de Jacques Lacan de 1975, qui définit la drogue comme « ce qui permet de rompre le mariage avec le petit pipi »[1]. Cette indication nous a permis de penser la toxicomanie, notamment dans les névroses. Cette thèse dite « de rupture » introduit un premier moment dans notre élaboration.

C’est Jacques-Alain Miller qui a pris cette thèse comme boussole afin de nous orienter en ce qui concerne la jouissance toxicomane[2]. Elle constitue la première version de la toxicomanie dans son orientation lacanienne, dont la référence majeure est le phallus.

Néanmoins, les références à la toxicomanie chez J.-A. Miller sont nombreuses. Ainsi, nous pouvons situer un deuxième moment dont la référence centrale n’est plus le phallus, mais l’objet a. La théorie du partenaire[3] nous conduit à une nouvelle version de la toxicomanie qui se présente comme une jouissance asexuée. Il s’agit de la toxicomanie comme “anti-amour”[4]. “Le toxicomane se passe du partenaire sexuel et se concentre, se voue au partenaire a-sexué du plus-de-jouir“[5]. Il ne s’agit plus du phallus, même si la rupture avec l’Autre de l’amour est sous-jacente. C’est la prééminence de l’objet a sur l’Idéal.

Dans un troisième moment de son élaboration, J.-A. Miller ne parle plus de toxicomanie, mais d’addiction. Il n’est plus question de phallus ni d’objet a, mais plutôt du sinthome du dernier enseignement de Lacan. Dans son cours “L’Être et l’Un”[6], J.-A. Miller revient sur cette question à partir de l’itération du symptôme et de l’addiction en tant que modèle du symptôme. Il s’agit d’un symptôme qui est séparé de l’Autre et vidé du sens. Bien que la notion d’addiction reste toujours un mode de séparation de l’Autre, dans ce troisième moment, nous sommes plus près des pratiques de consommation présentes dans les psychoses. Mais pas seulement.

En outre, il faut signaler que dans l’élaboration des inclassables et des psychoses ordinaires, la thèse dite de rupture fut mise en question. Cette thèse s’inscrit dans une clinique discontinuiste, dont la référence est la notion de phallus. Au contraire, une clinique continuiste, beaucoup plus élastique, nous permet de penser aux branchements et débranchements de l’Autre dans le champ des toxicomanies et des addictions. Ce dernier point nous a permis de commencer un travail sur la fonction de la drogue dans chaque cas, notamment dans les psychoses où nous trouvons certaines pratiques de consommation qui fonctionnent comme mode de branchement ou au contraire comme mode de débranchement, de l’Autre.

Nous sommes donc face à un nouveau défi : l´orientation lacanienne invite à lire les nouvelles pratiques de consommation en nous servant de ses trois moments d’élaboration, sans oublier les développements inédits nés de la clinique, qui toujours nous fraie la voie.

Fabián Naparstek

 

Nous invitons chaque groupe du réseau TyA à présenter des textes.

Nous souhaitons que chaque groupe soit représenté par un travail collectif.

Date limite pour la présentation des textes : 19 février 2018.

Réservation à : Irene Domínguez (irenecolocha@gmail.com), José Manuel Álvarez (josmail@wanadoo.es), tyabarcelona@gmail.com

Envoyer les textes à : Irene Domínguez (irenecolocha@gmail.com), José Manuel Álvarez (josmail@wanadoo.es) et Fabián Naparstek (fabiannaparstek@hotmail.com)

Nous vous attendons !!!

 

[1] – Lacan J., « Clôture des Journées des cartels » (1975), Lettres de l’École freudienne de Paris, n° 18, avril 1976.

[2] – Miller, J.-A.: “Para una investigación sobre el goce autoerótico”, in Sujeto, Goce y Modernidad, Buenos Aires, Atuel, 1993.

[3] – Miller, J.-A.: “La théorie du partenaire”, Quarto, n° 77, Bruxelles, juilliet 2002, Miller, J.-A.: “El partenaire – síntoma” Los cursos psicoanalíticos de Jacques – Alain Miller. Barcelone, Paidós, 2008. Miller, J.-A.: “El síntoma charlatan”. Barcelone, Paidós, 1998.

[4]Op. Cit. Miller, J.-A.: “La théorie du partenaire”, p. 14.

[5]Ibid.

[6] – Miller, J-A.: “L’Être et l’Un”, Les cours de Jacques-Alain Miller de la orientation lacanienne, 2011, inédit.